Dr Yoav Keynan explore les effets de la fréquence des allèles HLA sur la progression de la maladie au VIH au Manitoba.

Dévoiler les gènes de l’épidémie manitobaine

Pour les docteurs Yoav Keynan, Ken Kasper et Marissa Becker, investigateurs du Réseau, des gènes de l’immunité seront révélateurs.

La population autochtone représente environ 10 pour cent des habitants du Manitoba. Or, elle représentait aussi 43 % de toutes les nouvelles infections au VIH en 2009.

Pour mieux comprendre cette épidémie, les docteurs Keynan, Kasper et Becker (Université du Manitoba) dirigent une nouvelle étude pilote qui explore les effets de la fréquence des allèles HLA sur la progression de la maladie au VIH. Sous l’égide de l’équipe spécialisée du Réseau Prévention et populations vulnérables, l’étude vise à démontrer le lien entre facteurs génétiques et VIH dans la population autochtone du Manitoba.

« Nous sommes à la recherche de facteurs immunogénétiques », explique le Dr Keynan, « puisque nous croyons qu’ils pourraient nous aider à comprendre l’épidémie de VIH qui touche le Manitoba et les Prairies. »

Les chercheurs étudient plus précisément le rôle des allèles HLA, un groupe de gènes qui aident le système immunitaire à faire la distinction entre les protéines de l’hôte et celles d’organismes étrangers, comme les virus et les bactéries. Lorsqu’une personne contracte le VIH, la réponse de son système immunitaire détermine à la fois sa charge virale et la vitesse de progression de la maladie.

Des recherches antérieures ont montré que les personnes qui présentent un taux plus élevé d’HLA B 35 voient leur maladie progresser plus rapidement, tandis que celles dont le taux d’HLA B 57 est plus élevé ont une maladie qui progresse plus lentement et seraient exposées à un risque potentiellement moindre de contracter le VIH dès le départ. Le Dr Keynan a acquis son expertise dans ce domaine de la progression de la maladie dans le cadre d’essais antérieurs qu’il a réalisés au Canada, au Kenya et dans son pays d’origine, Israël.

Cette étude d’observation a pour objectif de montrer que la population autochtone VIH-positive du Manitoba présente des taux élevés d’HLA B 35, des taux faibles d’HLA B 57 et des taux élevés d’homozygotie HLA B, ce qui la rend plus vulnérable à une maladie à progression rapide.

« Ce n’est pas la première fois qu’on étude ces gènes », ajoute le Dr Keynan. « Des recherches approfondies ont porté sur des cohortes d’individus africains et de race blanche, mais c’est la première fois qu’une recherche se penche sur la population autochtone du Manitoba. »

Les résultats de l’étude sur les allèles HLA pourraient renseigner les chercheurs sur les facteurs associés au VIH et aider également les cliniciens à déterminer quelles populations de patients sont les plus exposées à un risque de progression rapide de la maladie et bénéficieraient par conséquent d’un diagnostic précoce et d’un suivi étroit.

L’étude est actuellement en période de recrutement et moyennant un financement supplémentaire, les chercheurs envisagent de l’étendre à la Saskatchewan.

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